Selon une étude canadienne, le pollen des fleurs hermaphrodites peut fertiliser les femelles

Cela semble défier ce que nous avons cru pendant longtemps, mais une équipe de chercheurs canadiens a trouvé des résultats intrigants. Pour apprécier pleinement l’importance de leurs découvertes, il faut comprendre les bases de la biologie de la reproduction du cannabis: L’impact sur la morphologie florale, la formation des graines, les rapports de sexe des descendants et la variation génétique

Le cannabis est dioïque, ce qui signifie que les fleurs mâles et femelles se trouvent généralement sur des plantes différentes. La culture du cannabis se concentre sur les plantes femelles car les trichomes des fleurs femelles non fécondées synthétisent les niveaux les plus élevés de cannabinoïdes et de terpènes.

Malheureusement pour les cultivateurs commerciaux, les plantes hermaphrodites, c’est-à-dire celles dont les fleurs contiennent à la fois des organes reproducteurs mâles et femelles, peuvent apparaître spontanément, ce qui entraîne la production de graines et une forte réduction de la teneur en huiles essentielles. On pense que l’hermaphrodisme apparaît comme un moyen de produire des graines lorsqu’une plante sent que les conditions de sa survie sont moins qu’idéales. Des facteurs génétiques et environnementaux interviennent dans le développement des hermaphrodites, notamment des facteurs de stress physiques ou chimiques.

L’un des principaux stress est l’interruption de la photopériode sombre normale de 12 heures qui est utilisée pour encourager les plantes à fleurir. Les fleurs hermaphrodites peuvent également apparaître lorsque les températures sont trop élevées ou trop basses.

Les chercheurs canadiens ont étudié l’hermaphrodisme a partir de variétés commerciales de cannabis indoor.

Leur étude, publiée dans Frontiers in Plant Science, a utilisé des boutures enracinées cultivées dans des installations commerciales d’intérieur dans des conditions conformes aux normes de l’industrie qui ont maximisé le développement de fleurs femelles.

Le système de production de plantes de cannabis par voie végétative sont d’abord cultivées sous une photopériode de 24 h pendant 4 semaines, puis passées à un régime de 12 h d’obscurité et 12 h de lumière.

Les auteurs ont constaté que des organes reproducteurs mâles (anthères) étaient présents dans 5 à 10 % des plantes examinées. Rarement, une fleur entière était convertie en grappes d’anthères.

C’est la première fois que l’on constate que le pollen des fleurs hermaphrodites, bien que produisant beaucoup moins de pollen que les fleurs des plantes mâles, peut fertiliser les fleurs femelles et conduire à la production de graines viables.

Il est intéressant de noter que toutes les graines collectées à partir de fleurs hermaphrodites ont produit des plantes femelles, ce qui n’est d’habitude pas le cas des graines provenant de plantes croisées.

Les cultivateurs commerciaux s’appuient sur des boutures de plantes mères femelles car celles-ci sont génétiquement identiques à la plante mère et ne développent que des fleurs femelles.

Si la culture utilise des plantes à graines, les mâles sont détruits pour empêcher la pollinisation des plantes femelles. Lorsque les plantes mâles sont exclues d’une chambre de culture, comme c’est le cas dans la culture commerciale, il est probable que ce développement spontané de fleurs hermaphrodites est à l’origine de la production de semences de faible niveau.

Conclusion : Les résultats de la présente étude suggèrent qu’un cycle d’auto-production pour produire des graines féminisées n’a aucun impact mesurable sur la diversité génétique de cette variété.

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