Le ministère argentin de la Santé doit apporter des modifications définitives à la loi concernant la vente de cannabis dans les pharmacies et la culture à domicile

Trois ans et quelques mois après l’adoption de la loi qui permet l’usage médical du cannabis en Argentine, les usagers qui, jusqu’à présent, devaient se déplacer dans l’ombre du secret, pourront désormais cultiver la plante de cannabis chez eux ou l’acheter en pharmacie. Un projet de règlement autorise la vente en pharmacie et prévoit une culture et une production d’état.

Le ministre de la santé Ginés González García a présenté le projet de la nouvelle loi, lors d’une conférence web, aux organisations lier au cannabis, médecins et scientifiques. Ce document qui sera approuvé par le conseil consultatif avant la signature du président Alberto Fernández, souligne que l’État Argentin cherche à produire de l’herbe thérapeutique dans la sphère publique, garantir le libre accès aux patients qui n’ont pas de sécurité sociale et encourager la culture gérée par l’État tout en donnant la priorité aux laboratoires publics.

C’est une nouvelle qui change le paradigme après 80 ans de prohibition globale et totale. Le projet de la nouvelle réglementation couvrira la plupart des demandes des utilisateurs et annulera celle rédigée par l’administration du gouvernement précédent, qui avait été fortement critiquée pour ne pas avoir répondu aux demandes des patients.

La nouveauté la plus importante contenue dans ce projet est, sans aucun doute, la réglementation de l’article 8 de la loi 27.350, qui comprend l’autorisation de la culture personnelle et sociale pour à tous les patients, chercheurs ou utilisateurs qui s’inscrivent au programme national de cannabis du pays  »REPROCANN ». Une autre nouveauté est la possibilité pour les consommateurs d’importer des médicaments à base de cannabis mais aussi de les vendre dans des pharmacies autorisées à produire des « formulations mères », telles que des huiles, des teintures ou des crèmes. Ce qui était déjà autorisé seulement pour les épilepsies réfractaires et via l’agence ANMAT.

Jusqu’à présent, le fait de posséder des semences et des plantes dans la sphère privée, même pour une consommation personnelle et thérapeutique, est puni par la loi d’une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison. Dans le domaine médical, cette décision officialisera la fin de la criminalisation des patients et des producteurs. Cela signifie aussi que tous les producteurs, les familles et les groupes pourront entrer dans le circuit de la légalité.

La limite des plants de cannabis autorisées dans chaque foyer ou dans les cannabis social club ne seront connues que lorsque le portefeuille de la santé rédigera les résolutions lors des réunions qui auront lieu dans les prochains jours.

L’Etat Argentin garantirait la gratuité pour ceux qui n’ont pas de sécurité sociale ou de couverture médicale privée et pour ceux qui sont inscrits à des programmes institutionnels, cependant, après avoir déclassé le ministère de la santé en un secrétariat l’année dernière, le budget du programme national sur le cannabis alloué équivaux a moins de 1000 pesos par jour. Etant donné qu’il s’agit exclusivement d’épilepsie réfractaire, il en résulte un taux d’inscription de 300 patients pour un traitement « d’investigation » sans promotion ou campagnes publiques.

La santé nationale sera chargée de garantir les moyens nécessaires pour faciliter la recherche médicale et scientifique sur la plante de cannabis et privilégiera la production régionale et celle réalisée par les laboratoires publics situés dans l’Agence nationale des laboratoires publics (ANLAP). En ce sens, le gouvernement retire l’exclusivité de l’INTA et du CONICET et ouvre le jeu aux universités de tout le pays qui, jusqu’à présent, étaient essentiellement celles qui soutenaient les socials club grâce à un travail avec les organisations à but non lucratif du cannabis.

Source : Infobae

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